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L’INDICE DE TEMPÉRATURE « I », IMPORTANT OU PAS?

Julien Collette

L’indice de température « I », aussi appelé l’indice de résistance à la condensation, est-il toujours d’actualité et demeure-t-il encore aujourd’hui aussi important pour le domaine des portes et fenêtres, même avec les changements apportés par la nouvelle norme NAFS?

Dernière mise à jour le 5 octobre 2020 à 16 h 08 min

UN PEU D’HISTOIRE

L’indice de température « I » a été standardisé lorsque le code de construction du Québec « CNB 1995 – Québec 2000 » a rendu obligatoire l’application de la norme CAN/CSA-A440-M90 pour presque toutes les fenêtres préfabriquées (voir les exceptions à l’article 1.4 de la CAN/CSA-A440-M90). L’indice de température « I » était l’un des critères à considérer avec entre autres aussi les niveaux pour l’étanchéité à l’air, les niveaux pour l’étanchéité à l’eau ainsi que les niveaux pour la résistance aux surcharges dues au vent.

Pour les maisons et les petits bâtiments couverts par la partie 9 du CNB 1995 – Québec 2000, l’ensemble de la norme CAN/CSA-A440-M90 était applicable (voir l’article 9.7.2.1 du CNB 1995 – Québec 2000 à cet effet), ceci incluant donc aussi l’indice de température « I ». Tandis que pour tous les autres bâtiments couverts par les autres parties du CNB 1995 – Québec 2000, seuls les critères pour l’étanchéité à l’air ainsi que pour l’étanchéité à l’eau étaient à considérer, ceci sans que l’on doive tenir compte des autres parties de la norme et donc aussi, sans que l’on doive tenir compte de la résistance à la condensation, encore, à ce moment-là (voir les articles 5.3.1.2, 5.4.1.2 et 5.6.1.2 du CNB 1995 – Québec 2000 à cet effet).

L’obligation d’appliquer cette norme, en tout ou en partie, est donc venue avec la Loi provinciale qui a fait de l’édition du CNB 1995 – Québec 2000 le code de construction officiel pour le Québec. Ce code de construction est entré en vigueur le 7 novembre 2000 sur tout le territoire du Québec. Et aussi, bien que l’édition antérieure du Code National du Bâtiment, soit l’édition CNB 1990, fasse aussi mention de la norme CAN/CSA A440-M, cette édition n’avait pas force de Loi sur tout le territoire du Québec et de plus, dans l’édition CNB 1990, seuls les critères pour l’étanchéité à l’air, l’étanchéité à l’eau ainsi que la résistance aux surcharges dues au vent étaient à considérer, sans les critères pour la résistance à la condensation (l’indice de température « I »), et cela pour les maisons et les petits bâtiments seulement en plus (partie 9 seulement).

Avec l’édition suivante du code de construction du Québec, soit le « CNB 2005 – Québec 2008 », qui est devenue le code de construction officiel sur tout le territoire du Québec le 17 mai 2008, la norme révisée CAN/CSA-A440-00 devient la nouvelle norme en vigueur pour toutes les fenêtres. Et donc, dans cette nouvelle édition du code de construction du Québec, l’ensemble de la nouvelle norme CAN/CSA-A440-00 devient applicable et donc aussi, tous les critères pour la résistance à la condensation des fenêtres (l’indice de température « I ») aussi et ceci, pour tous les bâtiments (voir les articles 5.10.1.1 et 9.7.2.1 du CNB 2005-Québec 2008 à cet effet). Et donc aussi, pour être on ne peut plus clair, avec cette nouvelle édition du code de construction du Québec, l’ensemble des critères établis par la norme CAN/CSA-A440-00 s’appliquent autant aux fenêtres pour maisons et petits bâtiments couverts par la partie 9 du CNB 2005 – Québec 2008 qu’aux fenêtres des autres bâtiments couverts par les autres parties de cette édition du code de construction du Québec.

Et avec la toute dernière édition du code de construction du Québec, soit le « CNB 2010 – Québec 2015 », qui est le code de construction en vigueur actuellement et ceci depuis le 13 juin 2015, c’est la nouvelle norme harmonisée entre le Canada et les États-Unis, soit la NASF, qui s’applique. Cette nouvelle norme s’applique aux fenêtres, aux portes et aux lanterneaux (voir l’article 5.3.1.2 (A-5.3.1.2), la sous-section 5.10.2 ainsi que la section 9.7 du CNB 2010 – Québec 2015 à cet effet).

LA « NAFS » ET L’INDICE DE CONDENTATION « I »

Cette nouvelle norme harmonisée entre le Canada et les États-Unis, soit la AAMA/WDMA/CSA 101/I.S.2/A440, aussi appelée la NAFS pour North American Fenestration Standard, est donc devenue la norme en vigueur non seulement pour les fenêtres mais aussi maintenant, en plus, pour les portes ainsi que pour les lanterneaux, ceci contrairement aux anciennes éditions de la norme canadienne A440.

Cette nouvelle norme est donc une norme qui remplace, intègre et harmonise les anciennes versions des normes canadiennes avec les anciennes versions des normes américaines (États-Unis seulement) pour les fenêtres, portes et lanterneaux. Et comme cette nouvelle norme harmonisée n’allait pas assez loin pour rencontrer toutes les exigences canadiennes, un supplément canadien a été intégré à la norme NASF, ce supplément est la CAN/CSA-A440S1.

Et ce supplément canadien intègre aussi des chapitres pour le rendement énergétique. La CAN/CSA-A440.2 et CAN/CSA-A440.3 (Rendement énergétique des systèmes de fenêtrage). C’est dans ces chapitres que l’on traite donc du rendement énergétique et donc aussi des critères de résistance à la condensation (l’indice de condensation « I »). Et bien que la norme harmonisée indique trois méthodes d’essai qui peuvent être utilisées pour déterminer la résistance à la condensation, seuls les chapitres CAN/CSA-A440.2 et CAN/CSA-A440.3 permettent d’obtenir les valeurs de l’indice de condensation « I » par la méthode d’essai physique décrite dans ces documents.

Et en fait, bien que cela ne soit pas d’une évidence absolue, selon le CNB 2010 – Québec 2015, seul l’indice de condensation « I » s’applique à l’ensemble des fenêtres, portes et lanterneaux pour tous les bâtiments (voir l’article 5.3.1.2 (A-5.3.1.2), la sous-section 5.10.2, la section 9.7 et l’article 11.2.2.4 du CNB 2010 – Québec 2015 à cet effet). Pour les maisons et petits bâtiments (au plus 600 m.c., au plus 3 étages et du groupe C – habitations seulement), les nouveaux facteurs tels que le « coefficient de transmission thermique globale (coefficient U) maximal » ainsi que le « rendement énergétique (RE) minimal » sont aussi à considérer mais pour tous les autres bâtiments, l’indice de condensation « I » demeure encore l’indice de référence selon le code.

ET LA CONDENSATION, EST-CE IMPORTANT OU PAS?

Et on ne peut parler de condensation sans parler d’humidité relative intérieure et voici donc des extraits CNB 2010 – Québec 2015 à ce sujet :

EXTRAIS DE L’ARTICLE 9.25.5.2 (A-9.25.5.2) DU CNB 2010 – Québec 2015:

Santé Canada recommande des humidités relatives intérieures de 35 % à 50 % pour la santé des occupants.

Les environnements beaucoup plus secs tendent à exacerber les problèmes respiratoires et les allergies; les milieux plus humides sont propices à la propagation des microbes, des moisissures et des acariens, qui peuvent être nuisibles à la santé.

En hiver, dans la plupart des régions du Canada, l’humidité relative intérieure est limitée par la température extérieure et par la température correspondante du côté intérieur des fenêtres. Pendant les périodes plus froides, une humidité relative intérieure supérieure à 35 % produit une condensation importante sur les fenêtres. Lorsque cela se produit, les occupants ont tendance à augmenter la ventilation pour réduire l’humidité.

Il convient de noter qu’historiquement, dans les régions où les hivers sont plus froids, les enveloppes de bâtiments visés par la partie 9 ont fait preuve d’une performance acceptable lorsque l’humidité relative intérieure ne dépasse pas 35 % pendant la majeure partie de la saison de chauffe.

Et donc, avec une température extérieure de -10 C et moins, une température intérieure de 21 C ainsi qu’une humidité relative de 35 % à 50 % selon les recommandations, si nos fenêtres, nos portes ou nos lanterneaux n’offrent pas une bonne résistance thermique, il est assuré que nous aurons des problèmes de condensation du côté intérieur de ces ouvertures.

Même que ces problèmes de condensation peuvent devenir de gros problèmes! Les fenêtres, les portes et les lanterneaux dont l’indice de condensation est faible peuvent non seulement diminuer la visibilité mais aussi, en plus, endommager les rideaux, les planchers, la peinture, le gypse, les cadrages et les boiseries ainsi que de façon encore plus problématique, les charpentes de bâtiments, tout en créant des moisissures qui peuvent être nocives pour la santé.

Les fenêtres, les portes ou les lanterneaux peuvent même rencontrer les plus hauts critères de performance pour l’étanchéité à l’air, l’étanchéité à l’eau ainsi que pour la résistance aux surcharges dues au vent, soit les niveaux A3/Fixe, B7 et C5 respectivement, selon la norme A440, sans que pour autant qu’ils offrent de bonnes performances pour la résistance à la condensation. Les images suivantes donnent un bon exemple de différents modèles de fenêtres, toutes en aluminium, qui peuvent avoir de très bons résultats pour l’air, l’eau et le vent mais qui n’offrent pas une bonne performance pour la condensation :

Dans ces images, les différents modèles auraient été testés avec la même température extérieure et la même température intérieure, soit environ -20 C (-4.0 F) pour l’extérieur et 21 C (69.8 F) pour l’intérieur. La ligne approximative entre la couleur bleu pâle et la couleur verte serait la ligne du point de congélation (température proche de 0 C (32 F sur le graphique)). Sous cette température, il y a de donc de très fortes chances de formation de condensation du côté intérieur des ouvertures et ceci, encore plus, si l’humidité relative intérieure est entre 35 % à 50 % il va sans dire. Et comme on peut le constater sur ces images, seul le modèle de droite offre une performance acceptable et cette performance est atteinte, comme on peut aussi le visualiser, grâce à une conception beaucoup plus performante. On parle ici de barrières thermiques plus profondes, en polyamide, ainsi que de coupes-air intégrés sur les barrières thermiques et sur les garnitures à vitrage intérieures, qui font, de toute évidence, une bonne différence.

ET QUEL SERAIT L’INDICE RECOMMANDÉ?

Selon les derniers essais en laboratoire auxquels j’ai participés et compte tenu des derniers rapports de tests que j’ai aussi eus en main, il serait recommandé selon moi d’avoir un indice de condensation « I » d’au moins 65  ou plus (70 ou plus serait même fortement recommandé) pour tout le Québec. Les nouveaux produits maintenant offerts dans le marché permettent cela sans que la facture augmente de façon exponentielle et de plus, ces nouveaux produits, plus performants, sont aussi maintenant très disponibles chez presque tous les manufacturiers, autant au niveau résidentiel que commercial, industriel et institutionnel.

CONCLUSION

Et donc oui, l’indice de condensation « I » est non seulement toujours d’actualité et important mais en plus, il est au Québec encore actuellement le meilleur critère, le meilleur facteur, pour établir le rendement thermique de nos nouveaux produits. Il permet même de pouvoir comparer entre les plus anciens produits encore offerts sur le marché et les nouveaux produits, ceci puisque cet indice est standardisé depuis presque 20 ans maintenant.

De plus, non seulement il demeure encore aussi important pour chercher à nous éviter tous les problèmes que la condensation intérieure peut nous apporter, ceci tel que déjà mentionné, mais aussi, et en plus, il demeure l’indice de référence qu’il faut prendre en considération lors de l’achat de nouveaux produits pour chercher à minimiser nos dépenses en énergie. Il ne faut surtout pas oublier qu’au Québec, qu’environ 50 % de notre facture d’énergie pour nous chauffer et nous climatiser est directement reliée à ces produits et que cette facture n’ira assurément pas en diminuant, tout au contraire!

 

SOURCE(S) :

Régie du Bâtiment du Québec – Code de Construction du Québec :

https://www.rbq.gouv.qc.ca/lois-reglements-et-codes/code-de-construction-et-code-de-securite.html

Conseil Canadien des Normes – norme CAN/CSA-A440.2 / CAN/CSA-A440.3 :

https://www.scc.ca/fr/standardsdb/standards/29777

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